Edito

tigreLa Fête du Printemps lunaire a eu lieu hier 14 février. C'était aussi le nouvel an chinois, et le premier jour de l'année du Tigre et ...la Saint-Valentin. Si l'on en croit l'horoscope chinois traditionnel cette nouvelle année ne sera pas de tout repos. De grands changements sont en perspective. Tout sera remis en question. Bonne année donc 新年快樂 (xīnniánkuàilè) et vive l'année du Tigre 虎年 (hu nian)!

Le passage de l'analogique au numérique, transition non encore terminée, a, et continue, de changer les rapports de force au sein des industries de l'information. Toute la question en effet est d'être à l'heure - ni en avance, ni en retard - dans ce basculement irrésistible. On n'a ainsi pas fini de parler de la bagarre engagée entre les netbooks, les e-readers et les tablettes internet. Trop tôt? Trop tard? Les marchés concernés se chiffrent en effet en milliards d'euros. Le développement de la polyvalence numérique sur un seul outil (ordinateur + video + son + lecture de journaux, de livres et de documents) aura bien sûr des conséquences sur les transferts de l'analogique vers le numérique, mais aussi sur les équipements eux-mêmes. Compte tenu de la disponibilité des écrans de visualisation, des mémoires, et des processeurs véloces, à des coûts on ne peut plus abordables, on peut s'étonner de trouver encore des équipements d'impression monolithiques sur les marchés. Qui peuvent au mieux assurer quatre fonctions, dont trois sont d'inspiration analogique (impression, copie, fax). Comme si la vague de la polyvalence numérique ne les concernait pas encore. Les mouvements les plus notables se manifestent du côté des équipements à technologie jet d'encre grands publics, ou pour petites entreprises. On l'a vu en fin d'année dernière avec les modèles d'HP, et de Lexmark épris du web. En attendant que le mouvement gagne l'ensemble des fournisseurs de systèmes d'impression bureautiques.

Raphaël Ducos
Grand format mon amour...Le grand format suscite beaucoup d'intérêts dans le secteur de la communication graphique. Pour preuve : les récents mouvements enregistrés tant au niveau des fournisseurs que des lancements des nouvelles machines elles-mêmes. Le plus important peut être depuis le début de l'année 2010 est le rapprochement engagé entre Fuji et Matan pour fabriquer des systèmes d'impression de très grand format. Fuji dispose ainsi d'une gamme complète d'équipements d'impression de grand (modèles Acuity etc.) et de très grand format (Uvistar). Matan fabriquait il y a quelques années des systèmes grand format pour Scitex, lequel a été intégré dans HP aux côtés des systèmes Nur. Cela répond peut être au rapprochement entre Gandi et Agfa qui vient d'être conclu. Agfa dispose lui aussi d'une gamme complète de systèmes grand (:Anapurna) et de très grand format (avec Gandi et Thieme). De quoi affronter les offres elles aussi très complètes d'HP, d'EFI-Vutek, et de Durst. On note aussi qu'au plan des moyens format Mimaki déploie une énergie forte depuis plusieurs mois pour se rénover sans cesse, et qu'Océ (qui distribuait jusqu'ici Gandi, et va se rapprocher de Canon) complète ses offres en noir  et en couleur par un tout dernier multifonctions couleur jet d'encre d'entrée de gamme (Colorwave 300). EFI lançant à son tour un système d'impression de deux mètres de laize (Vutek QS 220). Canon est présent en jet d'encre couleur, et va sans doute bénéficier à terme des offres noir et blanc d'Océ (qui domine le marché mondial avec ses solutions monochrome à base de toner). Ricoh est présent uniquement sur le segment du noir et blanc, tout comme Xerox, qui distribue en plus des équipements couleur en Oem. On note un seul absent dans cet univers : Kodak.
Raphael Ducos
Après les e-reader (Amazon, Sony, etc.), et l'iPhone d'Apple, voici de nouveau Apple avec cette fois-ci l'iPad qui s'attaque lui aussi aux imprimés électroniques. On peut parier que son arrivée prochaine (en mars) va bouleverser rapidement le marché de la communication imprimée pour cause d'ergonomie avancée, de grande lisibilité, et de prix très abordable. D'autant que la majorité des applications tournant sur l'iPhone seront opérationnelles sur l'iPad. Livres, magazines, journaux, etc. vont donc pouvoir devenir vraiment numériques au travers des accords de diffusion signés, ou en cours de signature, avec les grands éditeurs internationaux.  
Le paradoxe c'est qu'au même moment l'impression numérique de production est devenue elle aussi totalement opérationnelle permettant de réaliser des livres, des journaux en noir ou en couleur, des magazines, à l'unité, ou en de très courtes séries, que ce soit chez un prestataire ou dans une librairie (Espresso de Book en Demand).
Comme toujours les technologies vont se superposer pendant une longue période. A terme, des effets économiques vont sans doute se ressentir dans l'univers de l'impression (tirages, prix, diffusion, etc.). Verra-t-on aussi la naissance de nouveaux éditeurs orientés livres ou journaux numériques (ou ayant une autre activité principale comme opérateur de téléphonie, imprimeur, etc)? N'est ce pas une opportunité exceptionnelle pour les éditeurs en place pour trouver un nouveau moyen de diffusion, donc une nouvelle rentabilité?  On n'oubliera cependant pas dans la réflexion, l'empreinte de la filière numérique sur l'environnement qui n'est pas bien meilleure que celle de l'imprimé traditionnel. Et le lecteur dans tout ça?
Raphael Ducos
Décidément rien ne va plus dans les salons professionnels. Ils changent de date, de libellés, de cibles, ou sont simplement annulés. Traduisant à leurs niveaux les bouleversements rencontrés dans l'univers de la communication aux niveaux des acteurs et des professionnels (au sens large). La Fespa recule de deux semaines sa session 2010 (du 22 au 26 juin à Munich), le FAN cède la place à INFOtoDOC (20 et 21 octobre à Paris), et PSI (prévu du 2 au 4 février) n'aura pas lieu. La dernière édition d'Intergraphic n'a pas été bien brillante avec peu d'exposants imprimeurs, papetiers et fournisseurs. Les décisions de participer au salon ont été prises très tardivement chez les quelques fournisseurs présents du secteur numérique (décembre surtout). Heureusement, les conférences professionnelles ont par contre attiré pas mal d'intérêts chez les visiteurs, pas si nombreux que cela dans l'ensemble. On est bien loin du concept de départ d'Intergraphic où les imprimeurs exposants recevaient comme visiteurs les donneurs d'ordre (agence de pub, éditeurs, etc.) du marché, et où la nocturne du second jour était le premier temps fort de l'année. Au point qu'on se demande logiquement quelle est sa chance de survie dans le futur. On va pouvoir vérifier si le concept de salon professionnel a encore de l'avenir avec la prochaine session de Symphonie Visuelle (grand format, 24-26 mars), d'IT Partners en France (distribution, 2 et 3 février) et bien sur avec l'IPEX du mois de mai au Royaume-Uni et la Fespa de juin à Munich en Allemagne. Quant à Graphitec, qui s'est tenu en juin 2009, on ne lui voit un espace de survie qu'après la prochaine drupa de 2012.
Raphael Ducos

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