Edito

Après la bureautique, l'impression commerciale, le transactionnel, et le marketing direct, l'impression numérique se tourne aussi vers l'impression d'étiquettes et d'emballage. Face à ce raz de marée, les constructeurs de presses offset se sont associés avec des constructeurs de presses numériques, ou en ont acquis. Les partenariats des constructeurs de rotatives offset avec des fournisseurs de têtes d'impression jet d'encre ouvrent la porte de nouveaux marchés pour l'impression numérique : la presse quotidienne et la presse magazine. Rien ne dit que la production des catalogues ne sera pas à son tour touchée pour cause de segmentation et de personnalisation des tirages. La technologie dominante dans l'impression numérique apparaît être l'impression jet d'encre, même si l'électrophotographie n'a sans doute pas dit son dernier mot.
Contrairement à l'impression analogique (offset, etc.) l'impression numérique seule ne signifie pas grand chose. Il faut obligatoirement l'associer avec des solutions logicielles permettant d'organiser automatiquement les flux de production. Sinon les avantages de l'impression numérique ne sont pas valorisés (impression à la demande, impression variable, web-to-print, connexion aux MIS des prestataires ou des entreprises, etc.). Rien ne sert de pouvoir imprimer en numérique en feuille jusqu'au format B1, ou sur rotative à toute vitesse si l'amont n'a pas été organisé, optimisé. Jusqu'où ira l'impression numérique? Eléments de réponse à la prochaine drupa 2012 de Dusseldorf.
Raphael Ducos
La drupa de Dusseldorf ouvre ses portes dans quatre semaines (3 au 16 mai 2012). Le plus grand évènement mondial de l'industrie graphique (appellation habituelle), est en train de faire place à une industrie de la communication graphique sous la pression d'internet, de l'impression numérique, et du jet d'encre.
Le rôle d'internet vis à vis de l'industrie graphique est de plus en plus important via les services d'impression (web-to-print), les MIS, le Cloud. Bref, l'automatisation du plus grand nombre de fonctions possibles est facilité par le réseau (web).
L'impression numérique a ouvert la porte de l'impression à la demande, de l'impression personnalisée, de l'impression des données variables que ce soit en électrophotographie ou en jet d'encre. Cela a contraint tous les fournisseurs de systèmes d'impression traditionnels (offset notamment) à réduire les temps d'inertie existant (calage) et les gaspillages habituels (gâche), et à augmenter la productivité (vitesse). Dans le même temps ils ont fait progresser les capacités d'enrichissement de l'impression classique avec un plus grand nombre de couleurs, de vernis, de dispositifs divers (foil) pour garder un avantage de qualité face aux nouveaux concurrents.
L'impression jet d'encre en feuille à feuille, en bobine, ou en mode hybride (tête jet d'encre sur machine feuille ou rotative) est la technologie qui clairement tente de prendre le pouvoir. On la trouve aussi bien dans les offres concernant l'impression commerciale (format B2), de production (rotatives), ou de grand et de très grand format sur tous supports souples ou rigide même textile, pour des marchés en intérieur ou en extérieur.
Il ne vous reste plus qu'à vérifier par vous-même sur place ce qu'il en est. (www.drupa.com)
Raphael Ducos
HP Indigo 10000Les presses numériques au format B2 vont mener l'offsensive à la prochaine drupa qui se tient à Dusseldorf 3 au 16 mai 2012. Rappel : le format B2 couvre partout le coeur des marchés des industries graphiques, dont la drupa est la plus grande manifestation mondiale qui se déroule tous les quatre ans sur les bords du Rhin. Un créneau fortement défendu par les ténors de l'offset (Heidelberg, Komori, KBA, Manroland, etc.). Dernière annonce : celle de HP qui va présenter en mai prochain la HP Indigo 10000 pour les marchés graphiques à valeur ajoutée,  format 75 x 53 cm, à la vitesse de 3450 feuilles B2 à l'heure. Elle sera suivie de la HP Indigo 20000 pour le carton pliant, et de la 30000 pour les emballages flexibles et les étiquettes.  Ces trois modèles s'appuient sur l'univers logiciel SmartStream de HP, très complet, et ouvert sur l'extérieur.
On attend aussi la désormais célèbre presse Jet Press 720 de Fujifilm (1200 dpi natif) et 2700 feuilles B2 à l'heure, déjà présentée à l'Ipex de 2010, qui sera accompagnée d'une seconde version orientée vers l'emballage. Screen de son côté annonce aussi la Truepress JetSX (1620 feuilles B2/heure) déjà présentée à l'Ipex 2010. Elle s'adosse au système logiciel Equios qui lui aussi permet de se relier aux solutions MIS. Il y aura sans doute d'autres présentations de nouveautés et de prototypes (Delphax, Landa, Impika, etc.)
Ce qui fera la différence entre toutes ces propositions : hormis la qualité, la fiabilié, et l'ergonomie exigées par les professionnels, ce sera l'environnement solutions et logiciels mis à leur portée. Et le service. Avec le meilleur ROI possible.
Raphael Ducos
Le centre d'analyse stratégique vient de publier une note d'analyse sur "les acteurs de la chaîne du livre à l'ère du numérique". Trois volets y sont analysés : les auteurs et éditeurs; les libraires; et les bibliothèques publiques. Extrait du premier volet : "…Les ventes de livres numériques sont encore balbutiantes sur le marché français où ils ne réalisent qu’environ 1 % du chiffre d’affaires du secteur. La faiblesse de ce chiffre d’affaires est évidemment liée à la taille embryonnaire du marché où seul 1 livre sur 10 est pour le moment disponible en version numérique (1 sur 3 dans le cas des best-sellers). La progression de ces chiffres sera naturellement  déterminante pour l’évolution du paysage éditorial en France.
Mais, si l’on en juge par les expériences passées du marché des biens culturels, la France devrait logiquement suivre les traces des pays précurseurs comme les États-Unis.
Le marché américain du livre numérique est de loin le premier au monde et il enregistre une très forte progression depuis trois ans : la part du numérique y est passée de 1,2 % en 2008 à 18 % fin 2011(2). C’est en  Grande- Bretagne que la dématérialisation du livre est la plus avancée sur le continent européen ; 13 % des livres y sont vendus sous forme de fichiers. Et, selon les projections réalisées par l’IDATE,  le marché du livre numérique pourrait atteindre en 2015 35 % aux États Unis et 21 % outre-Manche.
Les livres numériques vont se multiplier à la faveur des ventes de tablettes et de liseuses dont le succès ne faiblit pas : 15 millions d’iPad ont été vendus dans le monde rien qu’au dernier trimestre 2011 ; 450 000 tablettes tactiles vendues en France au cours du seul mois de décembre."
De façon étonnante cette note d'analyse passe sous silence le rôle de la chaîne de production du livre (pré-presse, impression, finition, expédition) et son avenir.
Les trois volets sont disponibles en version détaillée sur www.strategie.gouv.fr
Raphael Ducos
Un incident technique nous a empéché de diffuser nos informations en fin de semaine dernière. Nous prions nos lecteurs de nous excuser de ce retard.
Tout a commencé au XX ème siècle avec les apparitions successives de trois technologies d'impression. Dans l'ordre : l'offset, l'électrophotographie, puis l'impression jet d'encre. Trois modèles économiques au fonctionnement très différent. Un basé sur l'analogique (vente+services), deux sur le numérique (click et consommation d'encre). Les systèmes d'impression électrophotographique, et ceux à base de jet d'encre, sont progressivement montés en puissance. Les fournisseurs se sont multipliés. Suite logique : les technologies se sont concurrencées progressivement au fur et à mesure du rapprochement des rapports qualité/prix obtenus. Les efforts engagés pour maîtriser les coûts d'impression, la réduction des tirages, et les nouvelles possibilités apportées par les nouveaux concurrents ont fait le reste : impression à la demande (POD) et impression de données variables jusqu'à la personnalisation totale de chaque imprimé.
De nouveaux marchés se sont ouverts d'abord dans l'univers de l'entreprise, de la communication en grand format, puis des rapprochements se sont dessinés dans la production graphique. Qui se souvient des têtes Nipson associées à des rotatives offset pour apporter de la variabilité aux impressions? Il y a eu aussi les têtes jet d'encre de Scitex, puis/et de HP sur des lignes de finition. Depuis quelques mois on constate que les associations entre fournisseurs de presses offset et de systèmes d'impression électrophotographique ou à base de jet d'encre se multiplient (Heidelberg/Ricoh; Manroland/Océ; Komori/Konica Minolta, etc.). Maintenant les rotatives offset pour livres de Timsons s'équipent des nouvelles têtes jet d'encre de Kodak, et les presses offset feuilles de KBA des têtes d'Atlantic Zeiser. Sans compter les nouvelles presses feuilles et rotatives à base exclusivement de jet d'encre que la drupa 2012 va déployer devant les professionnels (Delphax, Fuji, Komori, KBA, etc.). Elles vont s'ajouter à celles de HP et d'Océ qui sont déjà sur le terrain. Où cela va-t-il s'arréter?
Raphael Ducos

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